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Economie

Les États, la question monétaire et l'hydre bancaire

Rédigé par inconnu - - Aucun commentaire

Par l'auteur de “L'hydre mondiale, l’oligopole bancaire”, éditions Lux, mai 2015

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Pour éviter le prochain cataclysme financier, il faut favoriser le retour à des souverainetés monétaires organisées dans un cadre international.

L'hydre bancaire mondiale

La création et la gestion de la monnaie sont uniquement le fait de banques privées, d’une part, et de banques centrales indépendantes des États, d’autre part. Les États ont abandonné au cours de ces quarante dernières années toute souveraineté en matière monétaire. Par rapport à la période des Trente glorieuses où les États et leurs banques centrales fixaient les conditions monétaires de l’activité économique en gérant taux de change et taux d’intérêt, la période actuelle se caractérise, de fait, par un renversement complet : c’est un oligopole de banques privées et systémiques qui fixe les conditions monétaires de l’activité économique mondiale.

Depuis le milieu des années 1990, les crises systémiques se sont succédé ; leur cause – à chaque fois – est la spéculation à base de produits dérivés créés par les plus grandes banques systémiques : 14 d’entre elles fabriquent la quasi-totalité de ces produits. Il n’y a aucune raison de penser que cet enchaînement délétère puisse être contenu par la régulation actuelle.

“Par rapport à la période des Trente glorieuses où les États et leurs banques centrales fixaient les conditions monétaires de l’activité économique la période actuelle se caractérise, de fait, par un renversement complet : c’est un oligopole de banques privées et systémiques qui fixe les conditions monétaires de l’activité économique mondiale”

C’est la libéralisation de la sphère financière, durant les années 1970 et 1980, lorsque les taux de change et les taux d’intérêt sont devenus des prix de marché, qui a imposé la présence de ces produits financiers particuliers. Certes, les acteurs de l’économie réelle ont besoin de produits d’assurances (et donc de produits dérivés) pour couvrir les risques liés aux variations incessantes des produits sous-jacents : taux de change et taux d’intérêt, principalement. Mais si plus de 90 % des encours notionnels des produits dérivés gérés par les banques systémiques couvrent les risques liés à ces deux derniers taux, il s’agit très majoritairement d’échanges entre traders, et non avec l’économie réelle.

Le taux de change est le prix de la conversion d’une devise en une autre ; le taux d’intérêt est le prix à payer pour disposer d’une monnaie durant une certaine période. La détermination des prix fondamentaux de l’argent par la spéculation sur les dérivés montre que la question monétaire est centrale, non seulement pour trouver le chemin d’une sortie de crise, mais aussi pour retrouver une stabilité monétaire et financière internationale.

Comment prévenir la prochaine crise ?

Dans ces conditions, pour prévenir la prochaine crise financière, il faudrait, dans la mesure du possible, enrayer drastiquement l’expansion de ces produits dérivés, et par la suite les éliminer progressivement. Pour aller au fond des choses, il faut faire le choix suivant : qui défend le mieux l’intérêt général dans le monde globalisé qui est le nôtre : un petit nombre de banques privées, systémiques, regroupées dans un oligopole où les tentations d’entente sont permanentes et avérées ? Ou bien des États qui pourraient, en s’accordant entre eux, retrouver leur souveraineté monétaire, en souhaitant que des dérives de leur part, toujours possibles, soient contenues par des pouvoirs démocratiques qui auraient retrouvé leur force ?

Si l’on veut éviter le prochain cataclysme financier, il faut, à l’évidence, favoriser le retour à des souverainetés monétaires, mais organisées dans un cadre international. En reprenant sur le fond les idées de Keynes, il faut militer d’urgence pour un nouvel ordre monétaire mondial, par la mise en place d’une monnaie commune (et non unique), par rapport à laquelle toutes les autres monnaies pourraient se référer dans des rapports stables, mais aussi ajustables par concertation internationale. Les taux de change échapperaient ainsi au jeu du marché pour revenir à des décisions résultant d’accords de la communauté internationale.

Nous sommes dans un état d’urgence, mais pour le proclamer, encore faudrait-il que nos responsables politiques aient le courage de la lucidité et de la vérité.

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Traité transatlantique: quand de Gaulle dit non à Kennedy (1962)

Rédigé par inconnu - - Aucun commentaire

Lu sur France info - Histoires d'Info le mercredi 10 juin 2015

Par par Thomas Snégaroff

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Le 4 juillet 1962, le président Kennedy propose aux Européens une vaste alliance transatlantique, géopolitique et commerciale. Mais le général de Gaulle se méfie d'un partenariat qui cacherait une domination.


Retour le 4 juillet 1962.

Le président John F. Kennedy est à Philadelphie pour y célébrer le Jour de l’Indépendance. La situation économique des Etats-Unis n’est pas brillante. Depuis quelques années, l’Europe de l’Ouest affiche une croissance très supérieure à celle des Etats-Unis –on a du mal à le croire aujourd’hui. Une réalité qu’il faut bien garder en tête en écoutant ce discours du président américain :

"Nous ne regardons pas une Europe forte et unie comme une rivale, mais comme une partenaire. Nous croyons qu'une Europe unie sera capable de se joindre aux Etats-Unis et à d'autres pays pour abaisser les barrières douanières  L'édification de l'association atlantique ne sera achevée ni aisément, ni à bas prix. Mais je dirai ici aujourd'hui, en ce jour anniversaire de l'indépendance, que les Etats-Unis sont prêts à souscrire à une déclaration d'interdépendance".

Ce "grand dessein", cette alliance atlantique n’est pas que commerciale, mais dans le contexte actuel de négociation du traité transatlantique, il est intéressant de s’arrêter sur cette dimension.

Partenariat ou domination de l'un sur l'autre ?

Le général de Gaulle reçoit avec circonspection cette déclaration d’interdépendance américaine. Il dira à ses proches que lorsqu’il entend partenariat, il sait qu’il s’agit en fait de la domination de l’un sur l’autre. On retrouve cette idée six mois plus tard lorsque De Gaulle refuse l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE et enterre avec elle le projet d’une vaste zone de libre-échange transatlantique.

"En définitive, il apparaîtrait une communauté atlantique colossale sous dépendance et direction américaine. Ce n'est pas du tout ce qu'a voulu faire et ce que fait la France : une construction proprement européenne".

L'Allemagne courtisée

Ces propos du général de Gaulle ouvrent une période de graves turbulences dans les relations entre la France et les Etats-Unis. D’autant qu’au moins de février, de Gaulle fait avancer sa conception de l’Europe, plus distante des Etats-Unis, en signant le traité de l’Elysée avec l’Allemagne. Pour Kissinger, c’est la stupéfaction à Washington qui va alors tout faire pour courtiser l’Allemagne avec comme point d’orgue ce voyage à Berlin et ces mots si connus de Kennedy (et au passage une succulente faute) :

"Ich bin ein Berliner"

  Plus de cinquante ans après, l'issue des négociations actuelles sur le traité transatlantique, le TTIPP ou Tafta en anglais. Le Parlement européen en discute aujourd'hui même. Alors,  Kennedy avait raison d'affirmer en juillet 1962 :

"Tout cela ne sera pas achevé en un an, mais que le monde sache que c'est aujourd'hui notre but"

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Euro-Cauchemar par Jacques Sapir

Rédigé par inconnu - - Aucun commentaire

Le « roman de l’Euro » présenté le jeudi 15 mai au soir a été l’occasion d’une scandaleuse soirée de propagande sur France-2 ! Non que l’on ne puisse parler ni même défendre l’Euro sur cette chaîne, comme sur les autres d’ailleurs. Mais le déséquilibre de l’émission, réalisée à grands frais par le service public et la malhonnêteté de l’argumentation ont passé les bornes. On a bien été en présence d’un exercice de « Funkpropaganda ». L’histoire de l’Euro nous a donc été présentée comme un « roman ». Mais pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, il s’agit d’un véritable cauchemar. Il faut signaler que les réalisateurs n’avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si il faut saluer le courage d’un Philippe Villin, droit dans ses bottes et dans ses convictions face à ses adversaires et toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l’ignorance sur le nombre important d’économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd’hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l’efficacité de l’Euro...



Source : cartonrougeducitoyen.ch/

PS) Jacques Sapir a enseigné à l'université de Paris-X Nanterre, puis il est devenu directeur d'études à l'EHESS en 1996, après y être entré comme maître de conférences en 1990. Il dirige depuis 1996 le Centre d'études des modes d'industrialisation (CEMI-EHESS) ; il a été le responsable de la formation doctorale « Recherches comparatives sur le développement » de 1996 à 2006. C'est un expert des problèmes de l'économie russe et des questions stratégiques, mais aussi un théoricien de l'économie qui s'est fait un nom sur des positions hétérodoxes très marquées sur plusieurs sujets et un engagement politique à la gauche de la gauche. Il a pris publiquement position pour la « démondialisation ». Après s'est interrogé sur l'avenir de la zone euro et l'éventuelle nécessité pour la France de sortir de l'euro, il plaide désormais pour une dissolution de la monnaie unique.

Du nouveau ?! Colbert et Mazarin sur la dette publique

Rédigé par webmaster - - Aucun commentaire

Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou…

Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat… L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

Mazarin : On en crée d'autres.

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.

Mazarin : Oui, c'est impossible.

Colbert : Alors, les riches ?

Mazarin : Les riches non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des cen­taines de pauvres.

Colbert : Alors, comment fait-on ?

Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres ! C'est ceux-là que nous allons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser… C'est un réservoir inépuisable. »